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mardi 10 octobre 2017

Retour aux sources...


  Comme beaucoup d'entre vous, je savais depuis longtemps que la Semeuse était née de l'imagination de son créateur, Oscar Roty à la fin du XIXème siècle, pour figurer sur nos pièces de monnaie, et cela bien avant de se retrouver sur nos timbres.

  Mais j'avoue que je n'en savais pas beaucoup plus.
N'étant pas numismate dans l'âme, mais pur et dur philatéliste, je n'avais jamais cherché à en savoir plus. Grossière erreur !

  Il y a quelques semaines, ne me demandez pas le pourquoi du comment car je l'ignore, j'ai été contacté par mail et via Facebook, pour faire partie d'un groupe s'appelant "La Semeuse de Roty".

  Je ne connais rien à Facebook.
Je m'y étais inscrit il y a une dizaine d'année, à ses débuts, "pour voir" pendant quelques jours, mais comme cela ne m'avait pas convaincu, j'avais clôturé mon compte.
Le souci avec le web, c'est que rien ne s'y perd jamais !
La preuve, quelqu'un a réussi à m'y retrouver.

  Et figurez vous que ce quelqu'un n'est autre que l'arrière arrière petite fille d'Oscar !

Du coup, je me suis reconnecté à mon compte Facebook, et j'ai trouvé tout un tas d'images, photos, documents concernant notre chère Semeuse. Beaucoup de monnaies, bien entendu, mais pas que !

Vous pouvez, comme moi, aller jeter un œil sur ce groupe : c'est intéressant, richement illustré, et il est assez fréquenté, par des amateurs éclairés et dynamiques.
Bien des philatélistes devraient en prendre de la graine...

  J'y ai trouvé les images qui suivent, soit directement, soit grâce à des liens et des clics, et je me suis dit qu'elles avaient toute leur place ici. Les originaux sont visibles au musée consacré à Roty, que je vous laisse découvrir également, ou au musée d'Orsay (que j'ai visité 2 ou 3 fois sans jamais remarquer cette sublime épreuve en cire : il va falloir que j'y retourne absolument !)

  C'est en 1886 que ce cher Oscar, âgé de 40 ans, a dessiné ce qui restera à tout jamais son chef d'oeuvre :


Ce travail est un projet pour une médaille destinée au Ministère de l'agriculture, qui avait lancé un concours. D'où la tête nue, et les scènes agricoles que l'on devine dans le fond.

De ce dessin va naître cette magnifique oeuvre d'art, réalisée à la cire sur ardoise (c'est elle que j'ai ratée à Orsay) :


Je vous conseille de zoomer pour apprécier au mieux la finesse et l'habileté de l'artiste.
Vous pourrez même y voir la trace de ses empreintes digitales par endroit !


Puis vint le projet de médaille en question, qui fait 26 cm de diamètre comme l'étude qui précède.
La voici la médaille (celle du musée) :


On y voit mieux les animaux du labour sur la gauche, mais le personnage de droite a disparu. Quelques graines tombent même de la main qui sème.

A noter que le haut du sac de graines ne dépasse pas encore, et ne laisse donc pas la possibilité aux vieux vicieux de l'époque d'imaginer y voir un sein avec son fameux téton !


  Oscar, avec l'élégance qui le caractérise, a finalement préféré se retirer du concours pour ne pas entrer en compétition avec son maître de l'époque, et a méticuleusement rangé son projet dans un tiroir !

On a bien failli ne jamais avoir ni de monnaie ni de timbre avec cette effigie. On l'a échappé belle !

.... Dix ans plus tard, ou presque !

 Ce n'est qu'en 1895 que le Ministère, des finances cette fois-ci, va faire appel à lui pour sa monnaie d'argent, et que Roty va se souvenir de son projet de Semeuse agricole, pour le ressortir de son tiroir.

Il va le retoucher, l'améliorer, l'affiner, et ajouter le bonnet phrygien, ainsi que le "téton" comme on peut le voir sur cette autre cire sur ardoise, qui ressemble déjà à une pièce de monnaie :


Notez les inscriptions en périphérie : on devine Liberté Egalité Fraternité Un Franc 1896.

  Le corps de la Semeuse est à présent totalement de profil, comme sur les futurs timbres et pièces, alors que sur les illustrations précédentes, on avait une impression de mouvement plus nette, avec le buste, le bassin, et le pied droit tournés vers le fond du paysage, ce qui était une prouesse.

Même si la dame donnait presque l'impression de nous tourner le dos, je l'aimais bien, marchant dans l'axe de ses sillons...

Le relief est ici moins marqué, mais la gravure gagne en finesse. Le drapé de la robe est réussi.

C'est pourtant cet aspect plus figé, et moins réussi à mon goût, qui sera finalement adopté.

Roty choisit de placer un soleil sur la droite.
Le sac pendouille moins.
Il n'y a plus d'animal de labour ni de graines bien évidemment, puisqu'il s'agit de représenter fièrement  la République, et non plus l'agriculture !

   Après peut-être d'autres étapes intermédiaires, mais cela est plutôt l'affaire des numismates, je crois savoir que la première monnaie à 50 centimes fut émise à la fin de 1897.
Puis vint ce joli essai pour celle à 5 francs :


... Encore quelques années !

 Après l'immense succès de ces monnaies, c'est un autre Ministère, celui des Postes pour finir, qui contactera l'artiste et qui va lui demander d'adapter sa création à la réalisation de nouveaux timbres.

Roty fournira un plâtre, que voici :


Le soleil reste à droite, du même côté que les ombres, c'est vrai.
Mais on s'en fiche !

 La collaboration avec Eugène Mouchon va rapidement donner le jour à nos timbres préférés, au bas desquels leurs 2 noms resteront gravés et unis à jamais, pour le plus grand bonheur des philatélistes.


C'est finalement le 2 avril 1903 que sera émis le tout premier !


Même si moi, j'en ai trouvé un oblitéré du 2 février, que je vous ai montré il y a quelques années ! Les plus fidèles lecteurs s'en souviendront, les autres le chercheront dans mes "archives"...


... 3 ans de plus !

  Ce n'est qu'en 1906, un peu dans la précipitation, et pour fêter la baisse du tarif de 15 à 10 centimes, qu'une nouvelle Semeuse sera envisagée, et que le téton va faire parler de lui pour la première fois : là encore je vous laisse fouiller dans mes "archives".

 Voici à ce propos la réponse de l'atelier au ministre Bérard qui s'en était offusqué :


 Quatre jours plus tard sortira le timbre Semeuse avec sol !
Avec son téton.


Pour en voir et savoir plus, je vous laisse cliquer et surfer :





+   sur FACEBOOK  :  LA SEMEUSE DE ROTY

jeudi 21 septembre 2017

Extra ORDINAIRE !


  Le mot n'est pas trop fort, et le point d'exclamation pas superflu du tout !

 Un correspondant philatéliste m'a récemment contacté car il pensait avoir fait une trouvaille, par hasard, en achetant sur internet ce bloc de notre préférée Semeuse 25 c. bleu, avec une impression sur raccord  de papier.



 C'est une assez jolie variété, au type III B, provenant du haut d'une feuille-vente rotative de 100.

Mais ce n'est pas vraiment rare : d'ailleurs, le bloc est resté longtemps orphelin à la vente sans trouver le moindre amateur pour l'adopter...

 Connaissant mon appétit pour tout ce qui sort de l'ordinaire, il m'a décrit par téléphone sa trouvaille, et nous en avons discuté agréablement, pour qu'il en vienne finalement à me proposer de m'adresser son bloc "pour expertise" comme l'on dit. Ce que je me suis empressé d'accepter.

  Et à sa réception, je n'ai pu que confirmer la jolie découverte que voici, et il ne s'agit pas d'un trucage, je vous le garantis.

 Tout d'abord, l'impression a bien été faite sur le raccord des 2 rouleaux de papier.

En effet, rien de plus facile que de rabouter deux timbres en prenant soin de bien faire coïncider les dentelures, et de faire passer cette paire pour une impression sur raccord !
ATTENTION d'ailleurs à ne pas vous faire avoir !
Mais en cas de trucage, il y a une impression de l'effigie, visible sous le timbre qui est collé dessus !
Ce qui n'est pas le cas ici : cela se devine sur la photo, avec ce liseré blanc qui apparaît.

 Ensuite, ce sont les timbres du bas qui chevauchent ceux du haut : les deux cas peuvent se rencontrer. Tout dépend du sens dans lequel le fabriquant de papier a confectionné son rouleau en effectuant son raboutage. Et dans quel sens le papier était mis en place dans la presse rotative.

Je vous rappelle que les rouleaux de papier arrivaient déjà gommés avant de passer à l'impression par l'atelier de fabrication de timbres poste. Contrairement à l'impression à plat pour laquelle le gommage était fait sur place.

 Enfin, et c'est là le plus étonnant : les deux papiers sont tout à fait différents.
Les timbres du haut sont sur un papier standard, alors que ceux du bas le sont sur le fameux papier avec gomme en nid d'abeille !
Il doit s'agir d'un cas exceptionnel, un jour où les deux papiers se sont croisés à l'atelier !



 Ce papier, je le connaissais car il a été utilisé fin 1924 pour imprimer une partie (faible partie ?) du tirage de la Semeuse lignée rose à 65 c.

Celle-ci ayant été surchargée pour l'Algérie et pour diminuer son pouvoir d'affranchissement à 50 c., on peut également retrouver cette variété de papier sur les timbres surchargés.



 Moi aussi, je suis parvenu à superposer 2 timbres sur cette photo (notre bloc + un 65 c.) et on voit bien qu'il s'agit absolument du même papier, grâce à l'agrandissement que voici :



 Peut-être que l'un de nos lecteurs a déjà vu d'autres timbres de cette période 
imprimés sur ce même papier ???

Moi, il me semble bien avoir déjà vu une autre Semeuse,
mais pas moyen de remettre la main dessus !...



dimanche 9 juillet 2017

Avis aux Nantais ! et aux autres...


Bonjour !

Internet ne m'a pas permis jusqu'ici de trouver beaucoup de renseignements sur ce grand magasin de Nantes :

alors je m'adresse à vous, car j'ai trouvé ce sympathique sachet monnaie qui, s'il est authentique, a dû servir dans les années 1920 "Au Petit Paris"...



Personne ne l'avait signalé à ce jour. 
Il faut dire que pas grand monde n'a référencé ces timbres monnaie !
Moi j'ai commencé...

Mais peut-être qu'il en existe d'autres, cachés au fond d'un tiroir, du côté de Nantes...
Et qui viendraient renforcer le pedigree du mien...
D'où mon message

Merci pour votre aide !



jeudi 4 mai 2017

Enfin !

Bonsoir,
à force de demander partout qu'on me communique des dates figurant au bas des carnets imprimés à plat (Semeuse et Jeanne d'Arc donc), il fallait bien qu'un jour ça arrive !

Regardez ce qu'un ami amateur m'a montré :

" />
Joli morceau, non ?


On reconnait facilement ces pubs provenant d'un carnet fort rare, le carnet ECO OLIBET
140 C 11 pour Yvert, ou 39 pour Cérès Maury Spink !

Il s'agit du tout premier carnet français imprimé avec des pubs, à la fin de 1923, le 10 décembre donc !
A peu près en même temps que le carnet Evian, plus commun car ayant duré beaucoup + longtemps.

Admirez la "pub" de droite : assez minimaliste !


Comme quoi l'annonceur n'avait pas franchement réalisé que les utilisateurs allaient un jour découper les timbres du carnet pour s'en servir, et que sa publicité ici punctiforme ne risquait pas de lui rapporter grand chose : étonnant, non ?
C'était les tout débuts de la publicité des carnets.




Il n'y a en tout et pour tout que 2 timbres accompagnés de la marque Olibet sur les 10 pour lesquels elle avait payé ! Les autres restant assez sibyllins !

Comme le patron d'Olibet a bien dû se rendre compte de son erreur, et comme le retour sur investissement a dû être quasi nul, il a ensuite corrigé le tir avec 2 autres carnets où sa publicité est + claire :





ECO avait mieux compris, lui, dès le début !

Que cela ne vous empêche pas de me signaler d'autres dates si vous en croisez !
MERCI d'avance !


samedi 29 avril 2017

Surprise !


  Encore une fois, internet m'a permis de dénicher une lettre assez curieuse et originale, datant de 1924, et affranchie avec ma très chère Semeuse bleue à 25 centimes.

  Comme vous allez le découvrir, même après l'avoir examinée de près, elle garde encore sa part de mystère.


  C'est la raison pour laquelle je vous la présente ici, dans l'espoir que l'un d'entre vous aura peut-être une explication à nous fournir, car je vous l'avoue déjà, ce n'est pas mon cas !


  En zoomant un peu, on aperçoit et on découvre avec stupeur qu'elle est affranchie avec une superposition de deux timbres :


  Il s'agit du type IA qui n'a été imprimé à plat que sous la forme de feuilles de 150 timbres, mais on sait qu'il y a eu deux présentations : les feuilles-vente normales, et celles destinées à la fabrication des roulettes. Vous devinez où je veux en venir ?
Non ? 
Pas encore ?...

  Le décentrage vers le bas étant exactement le même sur les deux, on peut en déduire sans trop se tromper qu'ils proviennent de la même partie d'une feuille.

Mais si on réfléchit un peu, on se demande bien qui aurait eu l'idée saugrenue de dépenser le double de ce qui était nécessaire pour envoyer une lettre !

Alors, on extrapole : on se dit qu'il pourrait bien s'agir d'une partie d'une bande verticale pour roulettes, puisque l'on sait que leur réalisation était totalement manuelle à l'époque : on collait bout à bout les panneaux constituant les feuilles pour roulettes, puis on les découpait en bandes verticales de 15, que l'on raboutait une à une pour en faire une roulette de plusieurs centaines de timbres !

  Et si c'était le cas, alors ce serait une belle rareté, car les types IA provenant de roulettes sont quasiment impossibles à identifier, à de rares exceptions près !


  D'autant plus que les amateurs auront remarqué que les dents horizontales paraissent bien avoir été découpées mécaniquement (et non déchirées). Du moins celles du bas du timbre de dessus, et celles du haut du timbre de dessous. Un peu en arc de cercle d'ailleurs.

N.B. Les dents verticales déchirées se rencontrent avec les roulettes à plat, contrairement aux roulettes rotatives.

  Mais ne croyez surtout pas que la poste était stupide à ce point pour gaspiller un timbre à chaque fois qu'elle voulait rabouter ses bandes verticales ! C'est à dire une fois sur 15, puisque les bandes verticales étaient de 15 timbres. Cela aurait représenté pour elle 6,66 % de pertes, ce qui est absolument impensable !

  Pas du tout : elle se servait pour ses raboutages des bas de feuilles volontairement laissés non imprimés. Voici d'ailleurs la seule feuille connue de ce type IA pour roulettes (elle est au musée postal depuis longtemps) :
Au bas il existe 2 rangées supplémentaires, dentelées non imprimées, 
que l'on ne voit pas hélas sur cette image, et destinées aux raboutages.


 Je me suis donc dit, en achetant cette lettre, qu'il y avait sous le premier timbre, non pas un autre timbre semblable au premier, mais un "timbre" non imprimé, tout blanc, correspondant au bas de la feuille. Ce qui aurait prouvé la provenance d'une de ces fameuses roulettes à plat.

  On devine sur les 2 timbres, grâce au zoom et à cause du décentrage, les signatures de Roty et Mouchon du timbre de la rangée du dessus, mais peut-être qu'il n'y a rien d'autre d'imprimé sur le timbre qui est recouvert par l'autre ?...

Un petit rappel pour vous donner une idée de leur rareté : on ne connait que 3 de ces bandes verticales (mais on m'a dit qu'il en existait d'autres...). 
Une seule s'est vendue publiquement, autour de 65 000 euros !


 Je m'imaginais déjà, à la réception de cette lettre, en train de décoller précautionneusement cette superposition, et j’espérais fort ne trouver dessous qu'un simple bord de feuille vierge !

Et bien non : c'est raté !


Il y a bien un autre timbre dessous !

  Il faut croire que la Compagnie Française de Radiophonie n'en était pas à 25 centimes près !

D'ailleurs, la date de 1924 correspond à une époque où les roulettes étaient assez à la mode, mais alors imprimées par les nouvelles machines rotatives.

L'entreprise devait donc à mon avis se fabriquer elle même ses propres bandes de roulettes, à partir de bandes verticales découpées dans des feuilles-vente normales achetées à la poste. Ensuite, elle n'avait plus qu'à insérer ses roulettes bricolées dans de petits appareils distributeurs de timbres, qui devaient rendre un peu plus facile la vie de tous les jours des secrétaires, chargées de l'expédition du courrier.

  D'ailleurs, la poste faisait techniquement bien mieux au niveau de l''alignement de ses raboutages, afin de ne pas bloquer le fonctionnement de ses distributeurs automatiques. Ici, force est de reconnaître que c'est du bricolage, de l'à peu près : la superposition est loin d'être parfaite.

En gaspillant au passage un timbre de temps en temps !
Peut-être même un timbre sur cinq, soit 20 % de perte !
Puisque les feuilles-vente normales ne pouvaient fournir, elles, que des bandes de 5...

Certes, c'est un peu tiré par les cheveux, et pas logique ni rentable du tout, mais vous me voyez désolé, je n'ai pas trouvé de meilleure explication !

Et vous ?



samedi 11 mars 2017

Pas contente la Comtesse !


Furax ! 

  Même si, un siècle plus tard, presque personne n'utilise plus cet adjectif, il me semble tout à fait approprié pour décrire l'état d'esprit dans lequel devait se trouver la Comtesse en ce 11 juin 1910 !


  Ça devait rouspéter fort, croyez-moi, dans le hall d'entrée somptueux de l'hôtel de Gaucourt, tout proche de Commercy dans la Meuse, et à mon avis les domestiques ne devaient pas en mener bien large !

 " Mais enfin, c'est fichtrement incroyable ! Dans quel monde vivons-nous aujourd'hui ?" s'écriait-elle.

  " Comment est-il donc possible que ma carte pour la Pentecôte, que j'avais adressée en son temps à Miss Somerville, ne lui soit jamais parvenue ?

L'Ecosse, ce n'est pourtant pas le bout du monde !

Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir penser de moi à Murrayfield ?

  Saperlipopette ! Mais c'est à croire qu'un pauvre gueux s'est autorisé à me la chiper à la poste, et pour s'en faire un joli souvenir, à coup sûr !

  Non mais des fois, je vais aller leur montrer de quel bois je me chauffe, moi. Ils ne me font pas peur ces malotrus. Je m'en vais de sitôt leur chauffer les oreilles !...

Nestor ! Faites préparer l'automobile, et en vitesse je vous prie ! "



  On imagine la furie qui va sauter dans son véhicule, et débouler au bureau de poste local ! Sans parler de ce qu'a dû endurer comme coups de semonce le pauvre guichetier ce jour-là, lui qui n'avait rien demandé à personne !

  Il n'empêche qu'il a dû tenir bon, face aux réprimandes de la Comtesse : il a même réussi à la convaincre de poster une nouvelle carte postale destinée à sa chère amie d’Édimbourg !

  Sauf qu'il a pris la précaution de lui conseiller la recommandation de son envoi, ce qui n'était pas courant pour une carte postale.

Certes cela aura coûté 35 centimes à Madame la Comtesse, au lieu de 10 centimes pour un envoi simple, mais au moins la voici assurée que sa carte arrivera à destination.

  Et ceci le plus rapidement du monde : elle arrivera effectivement entre les mains de sa correspondante écossaise deux jours plus tard ! En passant par Londres.


   Le seul souci, c'est que la comtesse furibonde n'avait plus du tout la tête à rédiger un mot doux sur sa carte à ce moment précis.

Elle enverra donc tout simplement son meilleur souvenir à son amie, et lui racontera probablement toutes ces péripéties à la prochaine occasion .

"Mon meilleur souvenir à Miss Somerville. 
J'espère que cette carte lui parviendra cette fois, 
étant recommandée "
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  Ce petit épisode, dont la reconstitution est toute personnelle, m'a permis de vous montrer une jolie carte recommandée pour l'étranger, ce qui à mon humble avis, ne court vraiment pas les rues !

 

lundi 6 février 2017

C'était le bon temps !


1924

  Non seulement le timbre pour affranchir le courrier ne coûtait que 25 centimes (d'anciens francs !), mais en plus on pouvait se le procurer à la poste sous la forme de si pratiques carnets, tels que celui-ci par exemple, qui a rejoint récemment ma collection :


Avouez qu'il est joli tout de même : difficile de résister à son charme !

  Rien que cette image montrant ses couvertures extérieures polychromes, et intérieures plus modestes, devrait suffire à donner envie de collectionner les carnets à n'importe que philatéliste !...

Moi, ça fait longtemps que je suis tombé dans la marmite, mais je ne m'en lasse toujours pas.
Comme Obélix, j'en demande encore et encore !

  Bien entendu, ils ne sont pas tous aussi spectaculaires, mais je me suis amusé, en quelques minutes, à rechercher sur internet quelques jolies images correspondant aux 6 annonceurs qui avaient dû signer un contrat avec Carlos Courmont, pour promouvoir leurs marques sur celui-ci :

Evian - La Cressonnée - Elders et Fyffes - Tortosa - Révuslsior - AP EL

Vous n'imaginez pas tout ce que l'on peut apprendre en "surfant" ainsi sur le net !
De clic en clic, votre esprit vagabonde sur les pages trouvées par votre moteur de recherche, et souvent vous avez de belles surprises...

Autant de témoignages de cette belle époque, que d'histoires souvent amusantes et toujours instructives, que de renseignements sur le mode de vie d'alors, et de découvertes enrichissantes.

Vous saviez, vous, que le Cachat était un fromage du Mont Ventoux ?
Autant que le nom du propriétaire de la célèbre fontaine d'Evian, ce qui n'a strictement rien à voir.


On se bousculait pour aller boire son verre à la source !


Vous saviez que Fyffes est depuis 1888 la plus vieille entreprise ayant trait au commerce de la banane ?


Avec son siège de Saint Ouen :


Que La Cressonnée, apéritif alors à la mode, était une sorte d'absinthe élaborée avec du cresson ?



Une boisson pourtant pleine de vertus, et moins dangereuse que l'absinthe :


Aviez-vous appris que Tortosa était une ville de Catalogne ?
Où l'on fabriquait peut-être de la réglisse, comme à Valence ?




Et vous y croyez, vous, aux bienfaits du Révulsior ?
Aussi efficace sur la gorge, les bronches que sur les articulations et les muscles !
Rien qu'en se badigeonnant avec !...



Est-ce que vous auriez eu l'idée de ce nom " AP-EL " pour votre société d' APpareils ELectriques ?





L'idée vous serait-elle venue dans votre laboratoire équipé de la plus haute technologie ?



Si comme moi vous avez répondu NON à toutes ces questions, 
c'est que vous avez encore tout plein de choses à apprendre !

Et la collection des carnets vous aidera certainement,
tout en vous divertissant...